Le collectifpprt se rend à Paris

"Nous, riverains de sites Seveso, lançons un SOS au gouvernement"

Publié le lundi 05 décembre 2011 à 14H59

  • Une délégation du collectif PPRT 13 qui dénonce les plans de prévention des risques industriels se rend demain à Paris au ministère de l'Écologie. Interview du coordinateur Sylvestre Puech
  • Le Plan de prévention des risques technologiques (PPRT) de Total La Mède concerne 200 maisons à Martigues et 650 à Châteauneuf-les-Martigues.
  • Le collectif "PPRT13" est à la pointe du combat que mènent les riverains des sites industriels classés Seveso en France. Ce qui est logique, le département des Bouches-du-Rhône étant le plus "impacté" par la très controversée loi Bachelot, élaborée après la catastrophe d'AZF à Toulouse, en septembre 2001. SylvestrePuech, coordinateur de ce collectif, fera partie d'une délégation qui se rendra demain à Paris, au ministère de l'Ecologie pour demander une remise à plat de cette loi.
  • - Qui allez-vous voir à Paris?
  • Nous allons rencontrer Laurent Michel, directeur de la prévention des pollutions et des risques, délégué aux risques majeurs, au sujet de la réglementation technique des plans de prévention des risques technologiques, ces fameux PPRT que nous dénonçons. Nous nous entretiendrons aussi avec Emmanuel Moreau, conseiller de la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet afin de lui exprimer nos doléances sur ce même sujet et dénoncer les injustices qui touchent les riverains des sites industriels concernés par ces PPRT. Nous réclamons tout simplement une nouvelle loi ou une révision complète du texte.
  • - Les nombreuses manifestations que le collectif PPRT 13 ont organisées pour faire réviser la loi Bachelot n'ont donc pas suffi?
  • Non. La mobilisation a juste permis de gagner un peu de temps. Il faut aujourd'hui agir concrètement. L'heure est grave car si tout le monde se complaît à dire que cette loi est inacceptable, le rouleau compresseur est toujours en marche.

 

  • - Il n'y a eu aucune avancée?
  • Seule Valérie Pécresse, la ministre du Budget, a évoqué l'éventualité d'une augmentation de la part prise en charge par les industriels dans le cadre du financement des expropriations. Mais ce n'est pas ce que j'appelle une avancée! Pour l'heure, la loi Bachelot n'est pas remise en cause. Alors que les députés se contentent de discuter sur le crédit d'impôt à accorder aux riverains pour effectuer les travaux de protection, la colère monte partout où une forte population est concernée. C'est bien évidemment le cas à Martigues et Châteauneuf mais aussi à La Rochelle, Le Havre, Donges...… Nous lançons un SOS au gouvernement. Les riverains veulent être enfin entendus et ils réclament que la loi Bachelot soit révisée, afin que des mesures appropriées et justes permettent son application au plus vite, car pour l'instant tous les PPRT ont été prorogés.
  • - Concrètement, en quoi cette loi Bachelot est injuste?
  • Transformer sa maison en bunker, à ses frais, parce qu'on est riverain d'une usine à risque, alors que dans le même temps il est inscrit dans la loi que les travaux de sécurisation à la charge de l'entreprise doivent être "économiquement acceptables", c'est totalement injuste! L'industriel peut se retrancher derrière cette notion floue que permet la loi pour ne pas effectuer les travaux, comme l'enfouissement des zones de stockage. C'est le cas ici avec la raffinerie Total-La Mède. Les riverains et plus largement l'ensemble des contribuables français n'ont pas à supporter le coût des risques que font peser les industriels alors que c'est leur devoir de mettre la main à la poche pour réduire ces risques à la source.


  • - Pourquoi dites-vous "l'ensemble des contribuables français"?
  • C'est ce que prévoit la loi! Car l'Etat mettra la main à la poche. Prenons l'exemple de l'enveloppe prévue pour financer le PPRT de la Total Mède. Elle est estimée à 155 millions d'euros. 25 millions hors taxes seront à la charge des riverains, soit 850 foyers. Et 30 millions seront apportés par l'Etat, les collectivités locales et l'industriel dans le cadre d'une convention tripartite. Restent 100 millions: c'est le montant des travaux de mise en sécurité de l'A55, sur une portion de 1,5 km longeant la raffinerie, qui seront à la seule charge de l'Etat et donc de l'ensemble des contribuables français.

 

  • Propos recueillis par Laurent ALEXANDRE

 

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